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En route vers le championnat canadien : Sara Kali

22 février 2017
 
Par François Pratte

En route vers le championnat canadien : Sara Kali

Âgée de 25 ans, Sara Kali est déjà à la conquête de son 7e titre national. Une fois de plus, elle tentera de garder sa place au sommet lors du championnat canadien qui se tiendra à Québec du 24 au 30 avril 2017.

Ahmed Kali, père de Sara, était un grand voyageur. Lors d’un de ses nombreux périples, cet homme était tombé en amour avec les mœurs du Canada. Ce voyage a donc chamboulé le destin de la famille Kali. En effet, c’est en 1997 que monsieur Kali a quitté l’Afrique du Nord pour venir s’installer en sol canadien et y élever sa famille. Alors âgée de 5 ans, la petite Sara et sa famille étaient loin de se douter que cette dernière deviendrait un jour une figure importante de la boxe féminine au Québec.

Ne jamais confondre «rêves» et «objectifs»

Sportive et débordante d’énergie, Sara Kali pratiquait différents sports tels que le karaté et le basketball lors de sa jeunesse. Un jour, elle a décidé d’essayer le kickboxing à l’Académie Sportive dans le quartier Parc-Extension de Montréal. Elle est tout de suite tombée en amour avec ce sport et plus particulièrement avec les mouvements provenant du haut du corps. Elle s’est donc spécialisée en boxe anglaise à partir de 13 ans. Ce choix s’est alors avéré très judicieux. Celle qui peut compter 6 titres nationaux à son arsenal s’est aussi illustrée lors de nombreuses compétitions internationales. En 2016, Sara a participé à la compétition la plus significative de sa carrière, le championnat du monde au Kazakhstan. C’est suite à cette compétition que la protégée de Danielle Bouchard du club Boxemontréal.com a vu son nom circuler mondialement. Effectivement, elle y a obtenu la médaille de bronze et a réussi à se hisser au 4e rang des meilleures boxeuses au monde chez les 64 kg selon l’Association Internationale de Boxe Amateure (AIBA). «Au départ, j’espérais être championne du monde un jour, mais je le voyais comme un rêve presque intouchable. Maintenant, je sais que c’est possible! Si j’avais un seul conseil à donner aux jeunes de nos jours ce serait de ne jamais se sous-estimer. Si on se consacre à 100% à quelque chose et qu’on persévère, rien n’est impossible!», s’exclame Kali. Or, elle devra tout d’abord gagner chacun de ses combats lors du prochain championnat national. Elle croisera le fer avec des adversaires coriaces, dont Sarah Fournier, Kaitlyn Clark et Jennifer Neal pour ne nommer que celles-ci.


Plus de catégories à Tokyo ?

Sara et ses compatriotes s’entraînent 6 fois par semaine pour perfectionner leur technique en plus de bénéficier des conseils de Kevin Roux pour le conditionnement physique à deux reprises. Elle quittera d’ailleurs le Québec du 16 au 23 mars pour effectuer un camp d’entraînement en Tunisie. C’est donc bien préparée et débordante de confiance que l’étudiante en administration à l’Université du Québec à Montréal se dirige vers le championnat canadien. Par contre, elle est consciente que rien n’est assuré en boxe. En outre, la protégée de Danielle Bouchard désire participer aux prochains Jeux olympiques comme son amie Ariane Fortin. «Dans la vie, j’admire énormément Kobe Bryant pour ses qualités athlétiques, mais j’admire aussi beaucoup des personnes comme Ariane Fortin et Muhammad Ali qui ont milité pour des causes en plus d’être de grands athlètes», dit-elle. C’est à Londres, en 2012, que la boxe féminine a fait son apparition aux Jeux olympiques. Cependant, seulement 286 boxeurs pouvaient y participer dont 36 femmes et 250 hommes. Or, selon un récent communiqué de l’AIBA, il y aurait une possibilité de voir le nombre de participantes en boxe amateur augmenter lors de l’édition de Tokyo en 2020. La boxeuse d’origine algérienne espère donc que sa catégorie y soit présentée. Ainsi, elle pourra tenter de devenir championne olympique et par le fait même prouver à toutes les jeunes filles du Québec que la boxe est aussi un sport pour elles.